L’essuyage (Mash)

L’essuyage (Mash) sur le pansement ou le plâtre en cas de blessure

Dans le cas d’une blessure qui nous empêche d’utiliser l’eau (risque d’infection et de complication) il faut faire l’ablution normale et en arrivant au membre malade essuyer (mash: passage de la main mouillée) sur le pansement ou le plâtre ou le bandage (jabîratun) du membre malade (au lieu de le laver) jusqu’à ce que ce membre guérisse et qu’on enlève le plâtre. Idem pour le Ghusl.[1]

Notez Bien:
le bandage (ou plâtre ou pansement) doit être gardé jusqu’à la fin de la prière: si vous l’enlevez ou qu’il s’enlève avant la fin de la prière, il faut le remettre refaire l’essuyage et refaire la prière. Si le membre est guéri, là on réutilisera à nouveau l’eau pour ce membre.

Dans Mudawwana, la question suivante a été posée à l’Imam Mâlik: la personne qui a des blessures sur une grande partie de son corps et une partie est saine, comment est ce qu’il fait?
L’Imâm Mâlik répondit alors: ‘Il lave les membres qu’il peut laver et essuie ce qui est blessé sinon s’il ne peut pas essuyer directement ce qui est blessé, il essuiera le bandage mis sur les membres blessés.

Notes:
[1]Arguments du Mash sur les bandages ou le plâtre :
On cite entre autre:
Le hadîth de Jâbir Ibn ‘Abd Allah: à propos de l’homme qui fut blessé à la tête… Il était Junub (en état d’impureté majeure) et il demanda s’il pouvait faire le tayammum mais on le lui refusa. Il fit donc le Ghusl (grande ablution) mais mourut à la suite de cela. Le prophète, apprenant cela, dit : ils l’ont tué ! Qu’Allah les tue! Il aurait suffit à l’homme de faire le tayammum; il aurait mis un bandage sur sa blessure, aurait fait l’essuyage (mash) dessus et le lavage du reste du corps. »
Rapporté par Abû Dâwud (1/239-240) (kitâb at-tahâra : bâbun fî al-majrûh yatayammam) et ad-dâraqutnî (1/189).
Ibn Omar a fait aussi l’ablution normale en passant la main mouillée (essuyant) sur les bandages qu’il avait et en lavant les autres parties (les parties saines).
Rapporté par Al Bayhaqî dans ses Sunan (1/328).

L’essuyage (Mash) sur les Khuffayn* ( chaussettes, chaussures ou chaussons) et ses conditions

On a la possibilité de remplacer le lavage des pieds par le fait d’essuyer les khuffayn* (chaussettes, chaussons ou chaussures) avec la main (passage des mains mouillées sur les Khuffayn) sous certaines conditions : les plus importantes étant que ces Khuffayn soient de cuire essentiellement (pour la doctrine malikite:la matière prépondérante doit être le cuire:surtout le bas et le haut, si ce n’est que les côtés qui sont d’une autre matière mais que le reste est en cuire, il restera bon pour l’essuyage), que ces Khuffayn arrivent aux chevilles(en les incluant et les couvrant aussi), qu’elles soient enfilées (pour la première fois) en état d’ablution humide (c’est-à-dire : on fait nos ablutions, puis on les met), qu’elles soient propres (ne contiennent pas de najâsa),qu’elles ne soient plus enlevées, et que les Khuffayn ne soient pas déchirées sur le tiers du pieds ou plus (c’est-à-dire que la déchirure ou le trou ne découvre pas le tiers du pieds ou plus)…
Le cuire doit être aussi « Makhrûz » (cousu) et non pas collé.

*Khuffayn: dans la langue arabe désigne des chaussures montantes souples couvrant les chevilles et faites de cuir cousu.
 
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