Ce qui rend la prière invalide (Mubtilât as-salât)

Cas où on doit obligatoirement refaire toute la prière (pas de réparation):Mubtilât

1/ Dans le cas où les ablutions ne sont plus valides: il faut refaire l’ablution et la prière (en effet si celle ci est en cours alors qu’on n’a pas nos ablutions ou qu’on les perd : il faut l’interrompre).
2/ Si on se rappelle pendant la prière qu’on n’a pas nos ablutions, on s’arrête de suite et on va faire les ablutions (pour refaire la prière) même si on est Imâm. Dans le cas où l’Imâm perd ses ablutions, celui-ci ou à défaut les gens dirigés désigneront un autre Imâm pour continuer la direction de la prière sans l’interrompre (ou sinon ils la continueront chacun tout seul). (voir les détails plus loin dans le chapitre « la direction de la prière »).
3/Le rire avec une voix: al-qahqaha (à noter que le sourire léger(peu) est toléré, s’il est léger (peu) et volontaire(choisi) il est makrûh, et s’il se fait beaucoup il rend la prière invalide).
4/Vomir volontairement.
5/La parole volontaire qui ne fait pas partie des invocations de la prière ou qui n’est pas pour la correction de la prière (à noter qu’une parole pour corriger la prière de l’Imâm par exemple, ne rend pas la prière invalide : comme ce qui s’est passé entre le compagnon Dhu Al-yadayn et le Prophète (paix et salut sur lui): à conditions que cela soit limité et peu et que le tasbîh ne suffise pas à faire comprendre à l’Imâm). Les invocations et du’â faites pendant la prière(dans le sujûd) ne rendent pas la prière invalide. 6/Pleurer à haute voix si la cause est mondaine. Quand aux pleures par crainte d’Allah, par dévotion (pour une cause divine), et aux gémissements (involontaires) (anîn) dus à une douleur (waja’): ils n’invalident pas la prière. (A noter que produire une voix involontaire (gémir) (anîn) dûe à une douleur ne rend pas la prière invalide (si c’est peu et pas beaucoup). Si les pleures ou les gémissements se font par oubli (sahw) cela n’invalide pas la prière (sauf si c’est trop de choses). Si cela se fait volontairement (ikhtiyâran) et à voix haute (avec une voix): la prière est invalide.)
7/Corriger le (les) verset du Coran de quelqu’un en dehors de l’Imâm(de notre Imâm qui nous dirige) ou le guider dans sa récitation (car cela est assimilé au fait d’adresser la parole à autrui).Par contre corriger ou guider l’Imâm(notre Imâm qui nous dirige) dans sa récitation s’il a du mal n’invalide pas la prière. (Mudawwanat al-fiqh al-mâlikî tome I page 373)
8/Souffler volontairement (par la bouche).
9/Al-‘amal al-kathîr: faire beaucoup de choses qui ne font pas partie de la prière comme le fait de se déplacer : marcher ou trop bouger (de telle sorte que celui qui nous observe croira qu’on n’est pas dans la prière) sauf pour compléter un rang(*) ou à cause d’un saignement nasal ou pour tuer ce qui peut nous nuire comme un scorpion ou une vipère ou un serpent (qui s’approchent de nous). (*)Dans l’école malikite, le fidèle peut marcher (maximum de deux rangs : sans compter celui où il était ni celui où il va être) pour aller compléter une faille dans un rang: (il ne le fera que quant il est en position debout ou inclinée…).
10/Dans les cas où on délaisse Volontairement un pilier de la prière : la prière est à refaire. Pour le cas d’oubli (voir le cas de l’oubli des piliers : dans le chapitre de la réparation pour plus de détails) : Pour le cas d’oubli (voir le cas de l’oubli des piliers : dans le chapitre de la réparation) : Dans le cas où ne se rend compte de l’oubli du pilier (d’une Rak’at) que tout de suite après la fin de la prière (après le salâm) : on accomplira une Rak’at entière (de complément) avec seulement la Fâtiha (en commençant cette Rak’at par la takbîrat al-Ihrâm); ensuite on fera le sujûd al-qablî si la Rak’at où il y a eu l’omission fait partie des deux premières Rak’at ; ou le sujûd al-baa’dî si celle-ci fait partie des deux dernières. Par contre : si un long temps passe avant qu’on fasse la Takbîrat al-ihrâm et qu’on corrige (en faisant la Rak’at de complément) : toute la prière sera à refaire. Quant à l’oubli de la Takbîrat al-ihrâm(pour commencer la prière) ou de la niyya (l’intention) : ils obligent de refaire toute la prière. 11/Dans le cas où on fait une prière sans avoir fait celle qui l’avait précédée (pour ce qui est du Zuhr(courant) avec ‘Asr(courant) et du Maghrib(courant) avec ‘ishâ(courant) (ces prières ont effet un temps commun entre elles comme on a vu dans les temps des prières): cette prière est à refaire (après avoir effectué la précédente). [1]
Exemple : celui qui fait ‘Asr puis se rappelle qu’il n’avait pas fait Zuhr : fera le Zuhr puis refera (de préférence) le ‘Asr si son temps n’est pas fini (si son temps est fini il ne le refera pas : il est considéré valide). Car en effet ce respest de l’ordre est une condition de validité de la prière (pour Zuhr(courant) avec ‘Asr(courant) et pour Maghrib(courant) avec ‘Ishâ(courant) exlusivement) sauf si ce non respect de l’ordre était du à un oubli. Si cela est fait volontairement : là il lui est obligatoire de refaire cette deuxième prière même si son temps est fini. Celui qui a plus de 5 prières obligatoires à rattraper n’est pas concerné par le devoir de respect de l’ordre des prières à rattraper avec la courante. Il priera de préférence sa prière présente puis rattrapera ensuite les prières manquées (pour le cas de celui qui a plus de 5 prières à rattraper) ; mais si le temps de la présente risque de sortir : là il est obligatoire de commencer par accomplir la présente. Il rattrapera évidemment ses prières manquées dans leur ordre. 12/Quand on ajoute volontairement dans la prière une inclinaison (rukû‘) ou une prosternation (sujûd) qui n’est pas de la prière[2] (sauf la prosternation suite à la lecture d’un verset impliquant une prosternation : dite : « sujûd at-tilâwa »: il est à noter que chez les malikites il est détestable de lire volontairement avec un verset de prosternation dans une prière obligatoire).
13/Perte de conscience.
14/Le fait de manger ou boire (volontairement) : par contre, si cela est involontaire (par oubli) et si c’est peu de choses : réparer la prière par le « sujûd al-ba’dî ».
15/Si on oublie trois sunna ou plus, et on ne fait pas de réparation (par le sujûd al-qablî ou le sujûd al-ba’dî (de suite) en cas d’oubli du sujûd al-qablî[3]), la prière est invalide : il faut la refaire.
16/Si la personne fait le sujûd al-qabli pour l’oubli d’un Mustahabb ou d’une sunna légére ou d’un mandûb dans la prière (comme lorsqu’il oublie une Takbîrat (en dehors de celle initiale), ou le « Rabbanâ laka al-hamd » ou qu’il oublie les invocations de « al-qunût » et qu’il fasse quand même sujûd al-qabli: dans ce cas sa prière est à refaire). NB:Pas de sujûd al-qabli pour l’oubli d’un Mustahabb ou d’une sunna légére ou d’un mandûb dans la prière. La prière reste correcte.
17/Le fait d’ajouter, même involontairement, le même nombre de rak‘at (d’unités) que celles qui composent la prière, en plus de la prière : exemple : la personne –qui par inattention- prie quatre rak‘at pour le Subh au lieu de deux, est tenue de le refaire (la réparation dans ce cas n’est pas suffisante) : idem pour celui qui ajoute (même sahwan) quatre rak’at pour le Zuhr, ‘Asr ou ‘Ishâ ou Maghrib (en faisant ainsi 8 Rak’at au lieu du nombre correcte pour ces prières) : c’est ce qu’on appelle : « sahwu zaydi al-mithli ». Comme on a déjà signalé : le fait d’ajouter volontairement un Rukn Fi’lî dans la prière, la rend invalide.
 
Notez que :
Il ne faut pas faire la prière alors qu’on repousse (se retient de) l’urine, les féces (Ghâit) ou le vent (rîh’’) : il faudra se soulager correctement avant, puis faire les ablutions et la prière. Ceci permet d’être présent dans la prière et de l’accomplir comme elle se doit.
 Le fait de répondre par un geste de la main ou de la tête à celui qui nous a salué est obligatoire[4] (ou autorisé selon une autre version).
Se tourner (iltifât) si cela est fait pour un besoin important ou une nécéssité est possible et autorisé, sinon cela est makrûh et peut même rendre la prière invalide dans le cas où on tourne le dos à la Qibla…. Il faut un minimum de présence dans la prière: Dieu dit dans le Coran: « N’approchez pas la prière alors que vous êtes ivres »[5] . Il faut à chaque fois faire le vide avant de rencontrer Dieu à travers la prière…Et le Dhikr (l’invocation de Dieu) est le meilleur moyen d’acquérir petit à petit cette présence avec Allah dans les rites de tous les jours et même en dehors.
 
Notes de bas  de page:
[1]Celui qui a oublié une prière obligatoire et qu’il ne s’en rappelle que lorsqu’il était en prière dérriére l’Imâm: continuera sa prière avec l’Imâm jusqu’à la fin: puis fera la prière qu’il a oublié et il refera (de préférence) la prière qu’il a déjà faite avec l’Imam (si son temps n’est pas fini). Si son temps est fini il ne la refera pas.
Ceci selon le Hadîth rapporté par Al-Bayhaqî (2/221) : « celui qui oublie une prière et ne s’en rappelle que lorsqu’il est en prière derrière l’Imâm, continuera sa prière encours avec l’Imâm (jusqu’à la fin): puis fera la prière qu’il s’est souvenu (qu’il avait oublié) et il refera la prière qu’il a déjà faite avec l’Imâm »

Notes importantes :

Il faut obligatoirement respecter l’ordre des prières(à rattraper) entre elles: donc Zuhr d’abord puis ensuite ‘Asr…

Notez que:
*Celui qui a oublié une prière obligatoire et qu’il ne s’en rappelle qu’aprés avoir fait (fini d’accomplir) la prière obligatoire qui la suit: sa prière est correcte: il lui est préférable (mandûb) de la refaire aprés avoir fait celle oubliée: (si son temps est passé il ne la refera pas). (Évidemment la prière oubliée est à faire (rattraper) obligatoirement et sans délai)

*Celui qui a oublié une prière obligatoire et qu’il ne s’en rappelle que lorsqu’il était en prière dérriére l’Imâm: continuera sa prière avec l’Imâm jusqu’à la fin: puis fera la prière qu’il a oublié et il refera(de préférence) la prière qu’il a déjà faite avec l’Imam (si son temps n’est pas fini).

*Celui qui a oublié une prière obligatoire et qu’il ne s’en rappelle que lorsqu’il était en prière obligatoire seul ou en étant Imam: si il s’en rappelle avant de terminer la première Rak’at: il coupera obligatoirement cette prière et fera celle d’avant qu’il avait oublié puis la suivante. Si il s’en rappelle après la fin de la première Rak’at, il fera (de préférence) une deuxième Rak’at et fera le salâm (elle sera ainsi considéré comme une Nâfila): ensuite il fera la prière obligatoire oubliée et celle qui la suit (la présente).
Si il s’en rappelle après la deuxième Rak’at (pour une prière obligatoire qui fait deux Rak’at ou trois) ou aprés la troisième rak’at (pour une prière obligatoire qui fait 4 Rak’at), là il terminera cette prière: ensuite il fera la prière obligatoire oubliée et il lui est préférable (mandûb) de refaire la prière présente(celle qu’il a fait) (si son temps est passé il ne la refera pas).

*Si vous êtes entrain de faire une Nâfila et vous vous rappelez que vous avez à faire une prière obligatoire à rattraper: si cette Nâfila n’est pas entammée:vous coupez et vous faites de suite la prière obligatoire. Si vous avez entammé dèjà une rak’at de cette Nâfila vous faites une deuxième et le salam et vous faites la prière obligatoire à rattraper (c’est ainsi dans la Mudawwana 130).

*Si il se rappelle de l’oubli d’une prière obligatoire alors qu’il est entrain de faire une Nafila et qu’il a peur de rater le temps de la prière obligatoire et qu’il n’a pas fini une Rak’at de cette Nâfila: là il coupe cette Nâfila et fait la prière obligatoire oubliée de suite.

*Celui qui a plus de 5 prières obligatoires à rattraper n’est pas concerné par l’ordre des prières manquées avec la présente : il lui est préférable de commencer par la prière présente…Si le temps de la prière présente risque de finir: là il lui est obligatoire et non seulement préférable de commencer par la présente.

(Ref: Al-Fiqh ‘alâ al-madhâhib al-arba’a d’Al-Juzayrî: tome 1 page 448)

 
[2] Il s’agit ici de l’ajout volontaire et conscient d’un pilier non oral « rukn fi‘lî » de la prière (quant à l’ajout de piliers oraux de la prière (arkân qawliyya), comme la Fâtiha, il ne rend pas la prière invalide : le fait de relire la Fâtiha par exemple (même volontairement) ne rend pas la prière invalide, car elle considérée comme une invocation): mais il est interdit de la relire volontairement. Pour la personne qui l’a relu par inattention:il fera pour cet ajout le sujûd al-ba’dî.

[3] Il ne faut pas qu’un certain temps s’écoule : exemple, si on sort de la mosquée en oubliant de faire le « sujûd al-ba ‘adî » qui remplace le « sujûd al-qablî » : la prière est à refaire.

[4]Al-Fiqh ‘alâ al-madhâhib al-arba’a tome I page 249.

[5]Coran, Sourate : 4, verset : 43. Ivre: chez les mystiques pour ce verset, signifie aussi être très distrait par les occupations et les problèmes de ce bas monde.

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