Le Jeune,apport au plus haut degré de mérite

l’étymologie du mot jeûne  

On distingue deux termes utilisés dans le coran pour le “sawm” et “siyam”.le premier correspond au jeûne non obligatoire et libre d’initiative.

Le sawm – jeûne par voeux ou d’initiative – est mis en relation avec Marie et Jésus dans le Coran.l’Ange dit à Marie : “Si tu vois un être d’apparence humaine, dis j’ai voué un jeûne silencieux au tout rayonnant d’Amour et ce jour je ne parlerais à aucun humain”. Accusée d’adultère, elle amoindrira les réactions hostiles de son entourage par son mutisme (sawm) ou son abstention de parler.

Il à trois degrés :

Le premier degré

il est caractérisé par l’abstention de se livrer aux désirs du ventre et du bas ventre. Donc cela consiste à s’abstenir de boire , de manger ainsi que de l’union sexuelle de l’aube (Al fajr) jusqu’au coucher du soleil. C’est ce qu’on appelle Le jeûne du commun (sawm al-umum)  

Le second degré

il consiste en plus à préserver du péché l’ouïe, la vue, la langue, les mains, les pieds, ect. Ce qu’on appelle Le jeûne de l’élite (saw al-khusus)  

Il est rendu parfait par cinq dispositions :

  • La première est de baisser le regard et de se soustraire ainsi à tout ce qui est blâmable et réprouvé et de tout ce qui préoccupe le coeur et le distrait du souvenir de Dieu (le souvenir se pratique par la langue dans le but d’avoir l’esprit et le coeur orientés vers Dieu).
  • La seconde consiste à retenir la langue du bavardage, du mensonge, de la calomnie, de la médisance, de la tenue de propos indécents, du maltraitement, de la dispute, de la contradiction.
  • La troisième consiste à ne pas écouter ce qui est réprouvé. Quand certains propos sont interdits, il est logique de ne pas y prêter attention. En effet, le médisant et celui qui l’écoute sont associés dans le péché rapporte une tradition du prophète.
  • La quatrième consiste à empêcher les membres, tels que les mains et les pieds d’accomplir des actes réprouvés et à retenir son estomac des désirs au moment de la rupture du jeûne. Le jeûne n’aurait pas de signification si on s’abstient de manger pour rompre avec un excès démesuré de nourriture. Comme-ci on voulait bâtir un château et pour y parvenir on détruit une cité entière. Le jeûne implique la modération.
  • La cinquième consiste à ne pas absorber beaucoup de nourriture.

Il y a un proverbe en hiéroglyphe qu’on a trouvé gravé sur une ancienne tombe égyptienne qui disait : « Un quart de ce que vous mangez est pour vous maintenir en vie. Les autres trois quarts sont pour votre médecin.« 

Le troisième degré


Le jeûne de l’élite de l’élite ( sawm khusus al-khusus) est en outre celui du cœur qui se détourne des préoccupations mondaines et des pensées vaines et qui fuit tout autre qu’ALLAH puissant et Majestueux.

La rupture de ce jeûne est réalisée par la pensée qui porte sur autre chose que Dieu. Celui qui réalise ce degré voit dans le fait de se préoccuper de ce avec quoi il doit rompre le jeûne une attitude de peu de confiance dans la faveur du seigneur qui a promis la subsistance. Mais ceci est un haut degré qui demande un travail de longue haleine en compagnie d’homme réalisé qu’on nomme Maître éducateur (cheikh Mourrabi).

En effet, comme le dit si bien un grand maître egyptien Dhu’l-Nun MISRI :

« L’homme ordinaire se repent de ses péchés : Les élus se repentent de leur négligence. »

Conclusion

Lorsque l’homme se donne aux passions il s’abaisse au niveau le plus bas mais en domptant ses désirs il s’élève aux degrés les plus hauts des êtres exaltés et atteint ainsi l’excellence pour se rapprocher de Dieu l’excellent. Qui ressemble à l’être proche est lui même rapproché de lui. Il est évident que cette proximité n’est pas spatiale mais bien fonction des qualités de cet être.

le jeûne, c’est l’abstinence et l’exaltation (apport au plus haut degré de mérite).

On dit du jour qu’il «jeûne» (sâma) lorsqu’il culmine. Imru-l-Qays – Considéré comme le plus grand poète préislamique– a dit: «Lorsque le jour s’éloigne et jeûne», c’est-à-dire lorsqu’il atteint son sommet. Le jeûne a été appelé ainsi parce qu’il s’élève en degré au-dessus de toutes les autres oeuvres d’adoration. Il l’a élevé -gloire à Sa transcendance – en niant toute ressemblance entre lui et ces oeuvres.

Le Très-Haut a dit à Son propre sujet : «Rien ne Lui est semblable». Le jeûne n’est pas un acte mais l’abandon d’un acte. La négation de toute ressemblance est elle-même un attribut d’où l’analogie entre le jeûne et Allah.

C’est Dieu qui est le Prix du jeûne quand le jeûneur retourne vers son Seigneur et le rencontre avec la qualification «Rien ne Lui est semblable», c’est-à-dire avec le jeûne. En effet, ne peut contempler «Celui à qui rien n’est semblable» que «celui à qui rien n’est semblable».

Le jeûne appartient au serviteur par statut, non par son essence. Allah Se l’est attribué et en a dépouillé le jeûneur, bien qu’Il lui ait donné l’ordre de jeûner. Il convient donc que le jeûneur regarde vers son Seigneur durant toute la durée de son jeûne afin de réaliser pleinement sa qualification et de ne pas en être diverti. Allah ne S’attribue le jeûne que s’il est authentique; il ne l’est que dans la forme qu’Allah a prescrit au jeûneur de réaliser.Que le jeûneur soit attentif à ce point, car il s’agit de préférer Allah à soi-même. Il sera récompensé alors à la mesure de Celui qu’il aura préféré, c’est-à- dire Allah le Très-Haut. Celui qui demeure attentif à son Seigneur, Allah le Très-Haut demeure attentif à lui de sorte qu’il n’a d’autre récompense que Lui.

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